Les Sources - Virton

Les Sources

La mystérieuse aventure du petit renard curieux.

Il était une fois un petit renard très courageux et curieux. Il habitait près de la Croix Valentin, dans les bois de Ruette.
Un jour, sa maman lui dit : « Il ne faut pas t’aventurer au fond des bois, parce qu’il y a une chose dangereuse qui grince. » Et le petit renard se demandait ce que ça pouvait bien être.
Il décida de partir malgré les recommandations de sa maman.



Le renard entendit des bruits étranges. Un sanglier arriva à toute allure et, essoufflé, lui dit : « Enfuis-toi dans la forêt, les chasseurs sont de retour. Cours le plus vite possible ! ». Le renard partit sans savoir où il allait, le plus loin qu’il put.
Au lever du soleil, fatigué, le renard arriva à Gomery. Quand il vit le dolmen, il se demanda ce que c’était. Une grande pierre dessus avec deux grosses en dessous : on aurait dit une table pour géants. Comme le renard avait peur, il partit loin dans la forêt.

Au château de Laclaireau, il rencontra son ami l’écureuil. L’écureuil demanda :
« Que fais-tu ici ? Tu devrais encore être dans ton lit à cette heure!
-Bien sûr que oui, je devrais être dans mon lit! Mais je recherche une chose qui grince dont ma mère m’a parlé. Tu la connais ?
-Non, mais tu peux demander à notre maitresse madame la jument, elle est la cousine du cheval Bayard. »
Et il continua son chemin jusqu’à l’écurie du château :
« Bonjour, madame la jument. puis-je vous demander un service ?
-Bien sûr.
-Je recherche un être mystérieux qui grince, vous le connaissez ?
-L’autre jour, j’ai entendu des bruits étranges près du Trou des Fées. Va leur demander si elles en savent plus!
-Merci beaucoup, madame la jument ! » Et il continua sa route en direction du Trou des Fées.

En traversant le bois de Laclaireau, tout à coup, il vit un chasseur immobile avec une veste bleue, un chapeau noir et deux plumes rouges : il était effrayant! Il se cacha derrière un arbre, regarda un peu et attendit… Il se rendit compte qu’il ne bougeait pas et approcha peu à peu …Il vit un soldat dessiné sur un arbre. Il venait d’avoir une de ces frousses !
Il poursuivit sa route vers le Trou des Fées.

Il était loin de sa famille et, dans la grotte, il faisait froid. Il avait peur. Au fond, il aperçut une lumière éblouissante d’où sortait une douce mélodie. C’était des fées qui venaient sur terre.
Elles chantaient, dansaient ; ça résonnait partout dans la forêt mais les animaux n’entendaient rien. A un moment, une fée sortit de sa bulle. Elle jeta un sort au renardeau et l’emprisonna au plus profond de la grotte.
Un sanglier passait par là. Il fut surpris par une odeur tout à fait inhabituelle pour lui. Alors, il alla voir ce qui se passait. Il vit le renardeau prisonnier des fées cruelles et décida de lui porter secours. Il fit tellement de bruit que les fées prirent peur et partirent dans un pays lointain.
Le renardeau savait bien que les bruits qu’il avait entendus venaient d’un sanglier qui courait à toute vitesse. Alors, quand il sortit du Trou des Fées, c’était tout boueux et pâteux à la fois, des traces laissées par son ami le sanglier. Il lui dit : « Et si on s’amusait un peu dans la boue ? »

Après avoir passé un bon moment à patauger dans la boue, les deux amis se quittèrent et le renardeau prit la direction de l’étang de Rabais afin de se laver.



Dès qu’il aperçut l’étang, il courut et se jeta à l’eau. Arrivé au milieu du lac, il heurta sa copine la truite. Il lui demanda s’il connaissait la chose qui grince qu’il recherchait depuis un bon moment :
« Un jour, tous les poissons étaient affolés , croyant que c’était le terrible brochet. En sautant hors de l’eau pour échapper au gros poisson, ils ont aperçu, au bord de l’étang, une ombre qui faisait énormément de bruit. Voilà, je n’en sais pas plus mais tu peux aller voir ma copine la mésange qui habite près de la Vierge Jacques ; elle vient souvent boire ici à l’étang.
-Au revoir, et merci ! » dit le petit renard.












A la nuit tombée, notre ami repartit au fond des bois, jusqu’à la Vierge Jacques. Là, il trouva la mésange bleue qui chantait dans un arbre. Le renardeau demanda : « S’il vous plait, vous pouvez me rendre un service ?
- Bien sûr, répondit la mésange.
- Je voudrais savoir où se trouve la chose qui fait beaucoup de bruit dans la région et qui fait peur à beaucoup de monde.
- Ce que tu cherches est au bois des Zigomars, vers le Nord ! »

Alors, le renardeau partit dans la direction indiquée. Là, il trouva un écureuil qui courait à toute vitesse. Le renardeau lui demanda:
« Monsieur l’écureuil, pourquoi courez-vous ainsi ? »
L’écureuil, effrayé, répondit : « Là-haut, il y a un vacarme violent! » . Le renardeau se dit à ce moment que c’était certainement la chose dont sa mère lui avait parlé. Alors, il prit son courage à deux mains, alla voir de plus près et approcha tout doucement. Il entendit des bruits de plus en plus forts : c’était des chevaliers ! Le renardeau avança timidement et demanda :
« S’il vous plait, les chevaliers, pourquoi vous battez-vous ?
-Nous, on ne se bat pas, dit un des chevaliers, on s’entraine contre l’armée de Charlemagne.
-Je me suis perdu dans le bois . Vous pourriez me renseigner ? »

Richard, l’un des quatre chevaliers, lui dit :
« Nous avons un cheval, tu veux que nous te le prêtions ? Il pourra te conduire jusqu’à la chapelle du Bonlieu. De là, tu retrouveras ton chemin.
-Oui, répondit le renardeau , merci » .
Le renardeau ne savait pas que le cheval savait faire des bonds de plusieurs kilomètres mais, d’un seul saut, il arriva à la chapelle du Bonlieu.
« C’est magique! Comment fais-tu cela et comment t’appelles-tu ? dit le renardeau .
- Je suis né comme ça et je m’appelle Bayard.
- Ton aide m’a été précieuse. Merci beaucoup! »



Alors qu’il arrivait à la chapelle, il entendit des petits bruits de pas et regarda derrière lui : c’était un cerf qui courait dans les feuilles . Il courait parce que des chasseurs tiraient sur lui. Il tomba aux pieds du renard et, avant de mourir, le cerf dit au renardeau : « Je te donne le trophée que j’ai trouvé au fond des bois. Prends-le, il te portera chance! »
« Adieu! » ajouta le cerf. Le trophée était un foulard rouge à pois blancs. Il était très joli! Le renardeau le mit autour de son cou, s’enfuit en courant, rempli de chagrin…
Tout à coup, il trébucha dans un fil de fer et tomba la tête la première dans un gâteau et s’endormit…En se réveillant, il mangea le gâteau à belles dents et prit le fil de fer, en se disant : « J’en aurai peut-être besoin plus tard, gardons-le!». Il vit un béret au pied d’un arbre, il le prit aussi et le mit sur la tête. Il pensa qu’il avait l’air drôle avec ce foulard et ce béret et repensa aux bons moments qu’il avait passés dans les bois de Ruette avec ses amis.

Il se sentit seul tout à coup et se dit : « Je veux rentrer, ma maman me manque beaucoup! »
Il vit à ce moment le beau et grand cheval brun qu’il avait rencontré près des chevaliers. Le petit renard, étonné, dit :
« Bayard, c’est encore toi ?
-Oui, répondit le cheval. Je suis là pour que tu retournes chez toi. J’ai vu dans ton rêve que tu voulais retrouver ta maman.»
Le renardeau monta sur le cheval magique et, d’un seul bond, il fit un saut de cinq kilomètres pour arriver dans les bois de Ruette .

Quand il rentra chez lui avec le cheval Bayard, dans la maison, c’était tout noir. Alors il se demanda ce qui se passait. Il rentra ensuite à l’intérieur, c’était calme. Tout à coup, les lumières s’allumèrent et tous les copains du renardeau crièrent :«Joyeux anniversaire! »

Il courut alors vers sa maman et lui fit un gros câlin. Elle lui dit : « Comme c’est ton anniversaire, j’ai préparé les cadeaux et les décorations pendant ton absence. Tes copains sont là pour te fêter. Tout cela n’était qu’une blague pour qu’on puisse préparer ton anniversaire. »
Le petit renard dit : « Il m’est arrivé une très grande aventure, je vais vous la raconter … » et il montra le trophée que le cerf lui avait donné.
Le D’Jean d’Mâdy, qui était invité à la fête, dit alors : « Mais, c’est mon foulard! Je l’avais perdu dans les bois un jour que je courais comme un chevreuil! Ce foulard est mon porte-bonheur. Sans lui, je ne sais pas jouer du violon car je l’ai depuis que je suis tout petit! »
Ensuite, il sortit le fil de fer et le béret. Et le D’Jean dit encore : « Ça alors, La corde de mon violon et mon béret! C’est à moi aussi tout cela! Je m’en souviens très bien! Avant-hier, en revenant de la fête de Buzenol, un sanglier m’a attaqué, j’ai dû me protéger, je suis tombé et toutes mes affaires sont tombées par terre. Le sanglier était tellement féroce que je me suis enfui le plus vite que j’ai pu! J’ai eu la peur de ma vie! »
Alors, le D’Jean récupéra tous les objets que le renard avait trouvés, remis la corde à son violon et l’accorda. Il commença à jouer de son instrument…

Tout le monde chantait, dansait sur les airs du D’Jean d’Mâdy…
Cette histoire se termina tard dans la nuit, sur un air de musique, sous un ciel étoilé…

Fin.