Les Sources - Virton

Les Sources

DES LUMIÈRES... AU FRANKLIN: historique de la démarche

I. Pourquoi réaliser une exposition sur le Franklin ?

Le thème de ces l6ème « Journées du Patrimoine » sont: patrimoine et réaffectation.

Connaissant la réputation des « Journées du Patrimoine », sachant que le Franklin était encore en rénovation, et connaissant le nouveau patron du bâtiment, l’idée m’est venue de présenter ce bâtiment à cette occasion.
De plus, il est vrai que le « Franklin » est un bâtiment cher à de nombreux Virtonnais ( et Gaumais) qui y ont laissé des souvenirs. ..
On sent d’ailleurs que le restaurant cache encore de ses secrets…

2. Historique de la démarche.

Dès que l’idée est venue, il ne reste « plus qu’à » la transmettre aux élèves ainsi qu’aux autres classes intéressées par le projet. Ce sont d’ailleurs la plupart des classes de l’école qui ont participé en présentant le travail réalisé en classe. Encore un tout grand merci aux collègues et aux enfants qui ont participé et ont donné de leur énergie pour mettre sur pied cette exposition.

3. Développement de la démarche.

Le sujet étant tellement vaste, nous nous sommes répartis le travail entre collègues afin de varier les présentations. Etant titulaire avec Mme Bernadette Orban et Odile Maitrejean, je vais tout d’abord vous parler du travail de nos élèves de 4ème année.


- Au début, il était important de se rendre compte de l’état des lieux, le restaurant étant alors en totale rénovation (novembre 2003). M. Cédric Michaux nous a ainsi présenté le bâtiment en chantier et nous a renseignés sur l’histoire du Franklin. Dès le départ, les enfants se sont posé de nombreuses questions et ont été surpris par la phrase écrite en allemand («Rauchen verboten» ).


- A partir de là, nous avons commencé par rédiger une enquête qui nous permettrait d’en connaitre plus sur la vie antérieure du Franklin. Les réponses ont été nombreuses et certaines personnes ont fait un bond de dizaines d’années en arrière pour se remettre dans les situations qu’ils ont vécues. Je pense que beaucoup d’entre-elles étaient contentes de replonger dans leur passé…

Quand la salle du bar était trop bondée, on allait boire un verre en face, chez la « Nana » . Il fallait faire la file très longtemps dans l’escalier monumental. Au-dessus de l’escalier , Mme Marchal tenait la caisse.
On garait les vélos dans une petite remise à côté du café de « La Nana ».

Je me suis retrouvée coincée dans le WC par une plinthe mal placée et c’est le propriétaire du cinéma qui m’a délivrée. Véridique.

Les adolescents aimaient se réfugier sous le balcon du fond où se retrouvaient jeunes filles et jeunes gens dans une certaine obscurité.

Aller au cinéma était rare et un événement pour une grande famille comme la nôtre. On venait d’Harnoncourt à pied pour aller à la séance.
















- C’est ainsi que monsieur André Debras, l’ancien projectionniste du Franklin, nous a rendu visite en classe afin de nous exposer ses souvenirs cinématographiques, son travail de projectionniste …

Quand les films étaient en noir et blanc, je faisais tourner le disque devant le projecteur, pendant le générique. Ca faisait des couleurs. Sur l’écran, c’était du bonheur pour les gens


Son témoignage est très important pour les enfants, ils ont côtoyé un « acteur » de la vie du Franklin.

Grâce à lui, nous avons pu « rencontrer » monsieur Marchal, l’ancien locataire du Franklin de 1929 à 1977 (André Debras, autrefois animateur radio, avait interviewé Georges Marchal lors d’une émission; c’est la cassette de cette interview que nous avons écoutée). Pour les enfants, monsieur Debras est «l’homme qui a sauvé les rideaux du Franklin» !













- Suite à notre enquête, c’est aussi Joseph Collignon, passionné de cinéma, qui nous a rendu visite pour une journée plus «technique» : il nous a présenté les diverses catégories d’images que nous côtoyons, les différents plans, la réalisation d’un dessin animé, les tours que nous joue notre vue. ..















- Pour en connaître plus sur l’histoire du bâtiment proprement dite, c’est vers Bernard Rongvaux que nous nous sommes tournés: avec deux autres compères, il avait organisé le fameux réveillon 2002 qui a réveillé les passions pour le Franklin. Grâce au cd-rom qu’il a réalisé, nous avons reconstitué les diverses vies du lieu, depuis la brasserie jusqu’aujourd’hui.


- Ce sont. également les résultats de l’enquête qui nous ont permis de romancer certaines anecdotes vécues au Franklin: d’élèves-historiens, nous avons fait des élèves-acteurs et, certains, écrivains. Ce sont ces anecdotes romancées (pas toujours) qui sont présentées le samedi soir.


- Grâce à l’appui de Delphine Boonen (Qualité-Village-Wallonie), toujours à la recherche de documents, témoignages, …nous avons ainsi retrouvé les plans cadastraux qui nous ont permis de retracer l’évolution de la rue de l’Abreuvoir au fil des ans. Ces plans ont redonné vie à tout ce quartier et nous avons pu nous mettre à la place des gens qui ont vécu là et qui ont organisé toutes les transformations qui se sont succédées en plus de 160 ans!


- L’histoire du Franklin est liée à celle du Théâtre de la Monnaie à Bruxelles. Le 4 mai dernier, une excursion a été organisée pour tenter de lever le voile et de mettre un nom sur l’architecte qui adonné vie au «Cercle Franklin» en 1913. Malheureusement, ces questions restent sans réponse mais, grâce à des plans, nous avons comparé les deux bâtiments, tant de l’intérieur que de l’extérieur. De plus, cette visite nous a permis de visiter une salle exceptionnelle! La journée s’est poursuivie par la visite du musée du cinéma, sujet qui nous intéresse particulièrement.


- Les journaux d’autrefois ont livré aussi leurs secrets. La bibliothèque du musée gaumais renferme des éditions du journal «La Sentinelle» , hebdomadaire libéral de la fin 19ème
et du début du 20ème siècle.

«La Sentinelle» évoque à de nombreuses reprises les activités du «Cercle Franklin», de sa naissance en 1913 (inauguration le 26 octobre), jusqu’aux jours sombres d’août 1914 (puis reprise en 1921). C’est ainsi que nous avons comparé les deux inaugurations, celle de 1913 et celle de 2004 !

- Dès le lendemain de l’inauguration officielle, M. Cédric Michaux nous a une nouvelle fois invités afin d’observer les changements par rapport à notre première visite mais surtout pour admirer la beauté des lieux et le travail et les choix judicieux (couleurs, lumières, décorations, …) des personnes qui ont participé à la rénovation.







- Les élèves sont alors devenus élèves-artistes en dessinant la façade (avant ou arrière) telle qu’ils la voyaient.


- Pour terminer ce tour d’activités liées au Franklin, les élèves sont aussi devenus élèves- architectes-bâtisseurs : à partir d’une photo, ils ont choisi une échelle puis ont représenté le Franklin en trois dimensions sous la forme de maquettes.

4. D’autres activités réalisées dans le cadre de cette exposition.

- L’histoire du Franklin étant liée à celle du cinéma, la classe de Mme Bernadette Orban et Odile Maitrejean présente, en parallèle à celle du Franklin, une ligne du temps retraçant les grandes étapes de l’histoire du cinéma.


- Toujours dans cet esprit, une autre classe se met dans la peau de personnages de cinéma pendant qu’une autre réalise un roman-photos imaginé à partir de photos d’acteurs.





- Le Franklin est également lié à la vie de personnages célèbres: .
°Benjamin Franklin qui lui a donné son nom.
°Nestor Outer qui a organisé et joué des pièces au Franklin dans les années 1920. Ces personnes sont présentées au cours de l’exposition.


- Le cinéma est en fait une illusion d’optique : des images fixes se succèdent pour donner le mouvement; c’est ainsi que de nombreuses illusions sont présentées au spectateur.






- Le cinéma et la télévision font partie intégrante de la vie des enfants; un petit sondage leur demande quel genre de spectateurs ils sont.


- Dans les petits villages, on jouait autrefois cinéma. Le témoignage de l’abbé Stilmant, autrefois projectionniste, nous explique comment les gens vivaient leur séance hebdomadaire.



- De nombreux autres travaux d’élèves sont exposés, tels que poésies, dessins, affiches, …








Mais le sujet est inépuisable et il n’est pas possible de le clôturer ou de le cerner.
L’important n’est pas de chercher ce qui aurait pu être réalisé mais de se pencher sur le travail des enfants et de se replonger dans l’histoire; ..

5. Que peut apporter un tel projet aux enfants ?

- Tout d’abord la fierté de présenter le travail d’une année dans un cadre qui a toute une histoire.


- Grâce aux visites, les enfants ont pu admirer le travail des ouvriers qui se sont succédé pour rendre son éclat au Franklin et, peut-être, éveiller certaines vocations de peintres, maçons, menuisiers, architectes, restaurateurs, …


- Apprendre à regarder, à admirer un bâtiment, réfléchir à son passé, à son histoire, au travail des personnes qui l’ont construit.


- Les rendre curieux sur le monde qui les entoure, sur l’histoire des gens,. ..


- Les faire créer des textes, des dessins, des plans, des maquettes, des peintures en sachant qu’ils seront présentés.


- Le fait de présenter le travail amène à travailler proprement, soigneusement.


- Pour réaliser de telles expositions, il faut du courage; c’est un travail de longue haleine et il demande des efforts de la part des enfants.






6. Le mot de la fin.

Comme les personnes qui racontent leurs anecdotes, puissent les enfants se souvenir de leur travail et le raconter dans quelques années. Ce sera, pour moi, la satisfaction d’un travail qui aura marqué les esprits !

Manuel Bernard