Les Sources - Virton

Les Sources

L'étonnante aventure de Marius, l'homme qui n’aimait pas Noël.

Il y a fort longtemps, vivait un homme qui n’aimait pas Noël. Il s’appelait Marius. Lorsqu’il avait 10 ans, un jour de Noël, ses parents décédèrent d’un accident de voiture lorsqu’elle glissa sur une plaque de verglas . L’année précédente, son chat était mort de froid, également un jour de Noël. Depuis ce jour, Marius détestait Noël, le verglas, la neige, se trouvait laid, affreux, méchant, agressif et devenait tout mauve quand il s’énervait.
Son oncle, qui habitait le moulin de Rabais, recueillit le jeune Marius qui était très triste de la mort de ses parents. L’homme était très méchant avec lui ; ils se détestaient tous les deux, même s’ils étaient de la même famille.
Dix ans plus tard, l’oncle mourut d’un cancer des poumons mais Marius n’était pas triste et se disait : « C’est bien fait pour lui ! »
Un jour, trois petits enfants jouaient dans la neige à un endroit qu’ils connaissaient par cœur ; en jouant, ils s’éloignèrent de l’endroit qu’ils connaissaient. Au bout d’un moment, il commença à neiger très très fort et ils perdirent leur chemin. Un enfant vit une lumière et dit : « Venez, on va se réchauffer ! » Ils entrèrent dans la maison pour se réchauffer et Marius, qui était sorti, rentra à cet instant. Il leur cria : « Sortez de ma maison !! »
Il n’osait même plus aller à l’extérieur parce que, quand il voyait une personne, il s’énervait, et parce que tout le monde se moquait de lui et l’appelait « Grincheux » . Pour faire ses courses, il devait se déguiser pour ne pas qu’on le reconnaisse. A Noël, il reçut une boite de mouchoirs devant la porte du moulin, c’était ridicule ! Le Noël précédent, tout le monde lui avait lancé des peaux d’oranges …
Un jour, une marche était organisée à la Vierge Jacques. Marius, qui était aux champignons, se promenait dans les environs. Quand les marcheurs l’aperçurent, tout le monde s’enfuit. Seul un homme très pauvre qui habitait dans la rue près du cimetière vint près de lui . Le pauvre homme lui dit :
« J’habitais avec ma femme, dans un appartement, mais on a eu des problèmes d’argent. Ma femme a dit : « j’ai un travail et toi tu n’en as plus. Je garde l’appartement et toi tu vas ailleurs » . Et voilà , c’est pour ça que je vis dans la rue. » Marius lui raconta aussi son histoire .
« Au fait comment t’appelles-tu ?
-Je m’appelle Joe .
-Viens donc te réchauffer chez moi. Les hommes partirent en direction de sa maison . Arrivés chez lui, Joe dit: « il fait bien chaud ici, ce n’est pas comme dans la rue ! ».
Marius lui offrit une tasse de café pour le réchauffer.
Joe lui dit : « Il commence à faire noir, je vais te laisser dormir tranquillement.
-Je viendrai te voir quand je passerai par là . » répondit Marius.
Et Joe repartit dans la rue où il avait l’habitude de vivre.
Après cette rencontre, Marius, fatigué, s’endormit rapidement, et rêva : …Un jour, au bord du Ton, il rencontra un brochet qui pleurait dans le cimetière des poissons sur une tombe en forme d’algue.
Le cimetière se trouvait près du moulin Naisse qui tournait à vive allure, comme le moulin de son oncle. Il appela le brochet et lui demanda : « Qu’est-ce que tu fais dans le cimetière des poissons ?
-Je pleure sur la tombe de mes parents qui sont morts dans un accident d’algue mobile (c’est comme une voiture pour poissons)… »
Deux minutes après, Marius se réveilla en sursaut ; des mots tournaient dans sa tête : cimetière, mort, accident…«Comme ce rêve est étrange, moi aussi mes parents sont morts en voiture !… »
Le lendemain, il partit vers le cimetière, rencontra Joe dans les environs qui l’accompagna. Ils cherchèrent longtemps la tombe des parents de Marius parce que c’était la première fois qu’il y allait. Quand ils la trouvèrent, ils prièrent…
Un beau soir, Marius sortit prendre l’air. Il s’assit sur les marches de sa maison, regarda en l’air et dit : « Quel beau ciel ! » puis il entendit du bruit. Il rentra dans sa maison à toute allure et regarda par la fenêtre.
Il vit une silhouette avec des grandes oreilles et des grandes pattes ; l’ombre se rapprocha de la maison, c’était un loup ! Il avait un morceau de tissu dans la bouche. Le loup le déposa sur les marches . Marius sortit et prit délicatement le bout de tissu. C’était un morceau de très vieux manteau. Il était étonné… Il le regarda de plus près, il était écrit Arnaud sur une étiquette à l’intérieur du manteau. Il était content parce qu’il reconnut le manteau de son père !
Alors, il décida de retourner au cimetière de Virton pour repenser à ses parents. Arrivé au cimetière, il vit Joe et lui dit :
« Bonjour Joe, ça va ?
-Oui, merci, qu’est-ce que tu fais ?
-Je viens voir mes parents au cimetière.
-Je me promène, si tu veux, je peux t’accompagner. »
Arrivés à la tombe de ses parents, Marius déposa le morceau de tissu. Ca lui remontait le moral d’aller au cimetière et ça lui faisait plaisir d’avoir un ami.

A partir de ce jour, Marius décida de partir à la recherche de souvenirs de ses parents. Il se souvenait que son oncle lui avait parlé d’un moine qui habitait au Bonlieu. Ses parents allaient quelque fois lui rendre visite.
Marius alla se promener dans les bois de Rabais et arriva à la chapelle du Bonlieu où il rencontra le moine qui habitait toujours là. Ils discutèrent ensemble et Marius lui demanda :
« Est-ce que tu sais quelque chose sur mes parents ?
-Oui, je les ai connus il y a longtemps . Tu devrais aller à la messe, tu en saurais plus sur tes parents car le curé a fait sa communion en même temps qu’eux. Lui pourra certainement t’aider. »

Pour la première fois de sa vie, Marius alla à la messe. On y prie, on y lit, et on y chante. A la fin de la messe du samedi, Marius alla voir le curé. Il lui parla de ses parents puisqu’ils s’étaient connus. Le curé lui donna une photo prise le jour de leur communion.
Sur le chemin du retour, Marius se posait des questions : « Dans un grenier, on a plus de chance de trouver quelque chose ! »
Alors, il décida d’aller rechercher après des souvenirs de ses parents.
Marius monta dans son grenier chercher après des photos. Il en trouva deux en dessous d’une vieille armoire : ses parents et lui à Noël quand il avait 5 ans. Il en trouva une autre avec son Parrain et lui quand il avait 6 ans. Il décida de les garder toutes les trois bien précieusement dans sa poche.

Un jour, comme d’habitude, il alla se promener.
A un moment, il se tourna et vit un ange scintillant devant lui. Il était tout perdu et, d’un coup, il se sentit mieux dans sa peau et crut rêver. l’ange lui dit : « Bonjour, je m’appelle Angello ! Et toi ?
-Je m’appelle Marius . Pourquoi es-tu là ? Je suis sûr que je rêve !
-Non tu ne rêves pas !
-Mais c’est impossible, dit Marius.
-Mais si c’est possible, dit l’ange.
-Moi, je ne crois à personne.
-Quand tu croiras en moi, je repasserai.
Depuis ce jour, Marius se sentit encore mieux dans sa peau. Il se posait encore plus de questions ; avant de s’endormir, il se dit : « Un ange est venu, pourquoi à la veille de Noël ? Je ne crois pas que je rêvais, je me sens mieux dans ma peau et je commence un peu à aimer Noël.
Le lendemain, l’homme appela l’ange. Il cria : « L’ange, l’ange, réponds-moi ! » Et, tout d’un coup, l’ange apparut et dit à Marius : « C’est toi qui m’as appelé ? »
L’homme répondit : « Oui, c’est moi qui t’ai appelé. Maintenant j’aimerais te demander pourquoi tu es venu.
-Je suis venu pour te faire changer d’avis, pour que tu aimes Noël. »
Et depuis ce jour, il se sentit toujours mieux dans sa peau.
Le lendemain, quand l’ange revint, Marius lui dit : « Grâce à toi, je vais beaucoup mieux !». Ce jour-là, quand Marius lui dit ce qu’il pensait, il fut profondément touché.
L’ange lui demanda alors d’aller faire un tour dans la neige…
Marius commença à aimer la neige, le froid, la glace et il était heureux de se promener dans la neige, au froid pour faire des batailles de boules de neige.
Un autre jour, trois enfants frappèrent de nouveau à la porte et Marius répondit : « Venez vous réchauffer près du feu de ma cheminée. Voulez-vous manger ou boire ?
-Oui, merci. Pour te remercier, on aimerait te chanter une chanson. »
Et, ce jour-là, on a entendu, au moulin de Rabais :
« Une étoile a brillé sur la terre, une étoile a montré le chemin,
elle annonce un matin et transforme un destin,
cette étoile est au creux de nos mains ! »